Le phare de Cap-des-Rosiers est doublement classé par la juridiction fédérale.

 

Il a été reconnu formellement Lieu historique national du Canada le 11 juin 1973 et bâtiment fédéral du patrimoine classé le 31 mars 1994.

 

« Le phare de Cap-des-Rosiers a été désigné lieu historique national en 1974 pour les motifs suivants :


- il faisait partie d’une série de hauts phares effilés construits par le ministère des Travaux publics dans le golf du Saint-Laurent et sur les rives du lac Huron;
- il est le plus haut phare au Canada (34,1 mètres - 112 pieds).

La valeur patrimoniale du phare de Cap-des-Rosiers réside dans son emplacement, sa conception, sa construction et ses matériaux. Sa hauteur impressionnante et son profil effilé en font un archétype… »

 

Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, Procès-verbal, 1977.

 

« Les éléments clés qui contribuent à la valeur patrimoniale du lieu sont les suivants :
- son emplacement exposé au sommet d’une falaise abrupte, sur un point de terre séparant deux étendues d’eau importantes;
- la silhouette élancée et la masse solide du phare : une tour circulaire effilée coiffée d’un feu bien visible avec une grosse lanterne de métal recouverte d’un dôme; 
- la simplicité et le dépouillement de ses éléments (petites fenêtres, petits corbeaux supportant la galerie de la lanterne);
- la plan intérieur fonctionnel et notamment l’escalier en vis sur les neuf étages;
- la qualité d’exécution et l’intégrité des matériaux (maçonnerie de marbre blanc, fini de ciment/crépi, intérieur en brique réfractaire anglaise, lanterne en métal);
- la construction en pierre solide, à l’épreuve du feu;
- le système d’éclairage avec son appareil optique d’origine et des vestiges des technologies antérieures;
- les perspectives dégagées sur le fleuve Saint-Laurent;
- la forme triangulaire des lieux;
- la disposition et l’organisation des lieux : emplacement, fonction, matériaux et formes des autres bâtiments et structures de la station par rapport à la tour (deux gros bâtiments, une haute antenne, une corne de brume, des abris pour la génératrice et la batterie, et un petit hangar);
- les vestiges d’anciens bâtiments et structures, ainsi que leur rapports spatiaux et fonctionnels avec les anciens modes de fonctionnement de la station;
- la perspective sur les eaux balayées par le feu de la tour;
- les perspectives sur le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Saint-Laurent à partir du phare;
- les perspectives sur le village de Cap-des-Rosiers à partir du phare;
- le statut du phare en tant que repère de longue date à partir du golfe du Saint-Laurent, du fleuve Saint-Laurent et du village de Cap-des-Rosiers. »

 

Dans ce qui précède on se rend compte que c’est la totalité du site du phare qui a été désigné Lieu historique national. La désignation de bâtiment fédéral du patrimoine classé se limite à la tour de phare.

 

« Le Phare du Cap-des-Rosiers est un bâtiment fédéral du patrimoine classé en raison de son importance historique et de sa valeur architecturale et environnementale.

 

Valeur historique :
Le Phare du Cap-des-Rosiers constitue l’un des meilleurs exemples du thème historique national de l’aide à la navigation. Situé à l’extrémité de la Péninsule de la Gaspésie, ce bâtiment est un phare très important qui sert à l’ensemble du trafic maritime pénétrant dans l’estuaire du Saint-Laurent à partir du Golfe. En tant que tour de style « impérial », le Phare du Cap-des-Rosiers tire son origine des pressions qu’exerçaient les armateurs de navires à vapeur auprès du gouvernement colonial afin d’améliorer la sécurité maritime et le système d’aides à la navigation le long du Saint-Laurent. La présence de ce phare a aussi contribué à la croissance des ports du Saint-Laurent, notamment ceux de Québec et Montréal.

 

Valeur architecturale :
Le Phare du Cap-des-Rosiers est un excellent exemple des premiers phares en pierre de style « impérial ». La tour du phare, un bâtiment circulaire en pierre calcaire au profil gracieusement effilé, est symétrique et son ornementation simple se caractérise par une lanterne bien proportionnée dotée de grandes facettes qui exprime clairement la fonction utilitaire du bâtiment. Phare dont la hauteur est la plus grande au Canada, sa construction robuste témoigne également d’une exécution de la plus haute qualité et de l’emploi de matériaux durables, tels le calcaire extrait des carrières du bassin de Gaspé et le parement lisse en marbre blanc.

 

Valeur environnementale :
Situé à l’extrémité de la Péninsule de la Gaspésie, le Phare du Cap-des-Rosiers renforce le caractère théâtral de son environnement maritime. Élément incontournable dans le paysage en raison de sa taille et de sa silhouette, le phare est un point de repère visuel prédominant et un symbole de la région, de même qu’un modèle du genre pour la division québécoise de la Garde côtière canadienne. »

 

(Sources :Gordon Fulton, Phare, Cap-des-Rosiers (Québec). Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine, rapport de recherche 93-62.

Phare, Cap-des-Rosiers (Québec). Énoncé de la valeur patrimoniale 93-62.)

 

 

http://www.historicplaces.ca/fr/rep-reg/place-lieu.aspx?id=7403

http://www.historicplaces.ca/fr/rep-reg/place-lieu.aspx?id=4383

 

Phare de Cap-des-Rosiers

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